La panoplie est simple : une robe. Pas de soutien-gorge, ça permet de vendre plus cher, pas de culotte, ça permet de vendre plus vite. Elle ouvre la porte en bois, et traverse les chemins boueux de son bidonville. Sa tête est vide. L'homme le plus triste du monde ne pourrait avoir le centième de l'abandon de soi dont elle fait preuve. Sa tête est vide, désespérément... C'est l'argent qui lui a vidé la tête. C'est l'argent, parce qu'avec de l'argent, elle ne serait pas là, où alors elle ne se dirigerait pas machinalement vers le bar après avoir ouvert les portes rouillées qui séparent la misère du tourisme.
Ca y est, elle est arrivée. Autour d'elle, elle, une centaine de fois. La même histoire, tronquée par la pauvreté, une centaine de fois. Au milieu de ces filles, quelques hommes, assoiffés d'alcool et de sexe. La même nuit, putain, la même nuit toutes les nuits.
Elle un trouve un, un vieux, c'est mieux. Plus d'argent, et moins violents que les jeunes qui viennent en bande pour baiser de la malgache à la chaine. La drague est simple, on s'approche, suffisamment pour que le type voit le soutien gorge absent, on propose un massage. Le type accepte, et on l'emmène à l'hôtel. Là, c'est à la fois toujours différent, et souvent la même chose. C'est au moment où l'on enlève ses vêtements que les filles comme elles savent si elles vont passer une horrible ou une infâme nuit. Là, le type semblait sympa. Il l'invite à s'asseoir sur le lit, lui demande son âge. 17 ans, biologiquement, aucun en réalité. Elle le rassure, lui dit qu'elle a 20 ans, pour preuve elle lui tend la carte d'identité factice, qu'elle a acheté 5 000 Aryari. En y repensant, d'ailleurs, elle se demande comment sa monnaie peut être représentée par un si grand nombre, et ne correspondre qu'à un si petit pour ces touristes. La nuit avec elle ? 50 000 Aryari. 20 Euros.
Le type lui demande de se déshabiller. Elle enlève son unique robe, et le vieux regarde son corps. Elle n'a jamais voulu le regarder, son corps. Le seul souvenir qu'elle en ait, c'est le premier jour de ses règles. Pas pour le sang qui a coulé, mais pour les cicatrices que lui a faites l'homme avec qui elle couchait ce soir là. Elle ne sourit pas, elle laisse le type la regarder de long en large, en détail. Il la tripote comme une viande morte, lui soulève les bras, et lèche ses aisselles, glisse sa langue vers ses seins pleins de cicatrices. Ca ne le gène pas. Il tourne ensuite autour de ses tétons, et commence à pousser des gémissements. Visiblement, il aime ça. Il s'allonge par terre, sur le dos, et lui demande de lui montrer sa chatte de près. Elle s'accroupit, ferme les yeux. Elle fait bouger de manière lancinante ses lèvres pendantes au dessus de la bouche humide du monsieur, se cambre un peu pour lui faire voir son anus. Il répond qu'elle est bien foutue. Elle se relève, et s'allonge sur le lit. Elle lui demande d'y aller. L'homme se relève, et se lèche l'index. Il tire un peu la fille près du bord, et lui plante son doigt visqueux dans le rectum. Il l'enfonce et le retire, doucement, rapidement. Il se lèche maintenant l'index et le majeur, qu'il insère de nouveau dans le rectum. Un liquide transparent, mélange de salive et de muqueuse coule entre les fesses de la fille, et finit absorbé par la couette. L'homme gémit toujours, plus ses doigts pénètrent vite le colon, plus il semble aimer ce qu'il fait. Lorsque ça lui semble trop sec, il lèche encore ses doigts, ou lui crache sur l'anus. Il est encore habillé. Elle non, elle a froid. Elle sent une main rêche glisser sur ses cuisses alors que l'homme semble toujours affairé sur son cul. La main remonte, et lui pétrit les seins avec délectation. Le type retire ses doigts, et lèche l'orifice qu'il vient de massacrer. Il se lève, enlève son pantalon, enlève son caleçon, et brandit fièrement son sexe, tendu à l'extrême. Il lui demande si elle est prête, mais n'attend pas sa réponse pour pénétrer vigoureusement le vagin juvénile de sa victime. Ses mains continuent de tordre la poitrine, l'homme profite d'être au dessus pour embrasser la fille dans le cou. Sa bave dégouline sur la peau noire. Le coït est rapide, l'homme semble se déchainer, l'homme semble adorer le corps de l'adolescente qu'il baise sans états-d'âme, dans un hôtel moisi de Madagascar. Pire que ça en réalité, il adore. Il retire son sexe du vagin, s'accroupit sur la tête de la jeune fille, et lui demande de lécher son anus. Elle s'exécute, franchement, parce que la froideur n'est pas très appréciée par les touristes. Elle force l'entrée du sphincter avec sa langue, et lèche la merde tout autour de l'anneau, avant de l'enfoncer encore plus loin dans le gros intestin du touriste. Ses couilles reposent sur le front de la fille. Les vibrations qu'elle sent sur sa tête lui indiquent que l'homme se masturbe probablement en même temps. D'un coup, l'anus du type recule, et c'est sa bite qui apparaît en face de l'adolescente. L'homme, sans rien demander, la place dans la bouche de la fille, et entame un va-et-vient. Il se penche ensuite vers l'avant, de sorte à avoir le phallus dans l'alignement de la gorge de la fille, et enfonce sans prévenir son sexe le plus profond qu'il peut, avec la force de son poids. Elle, subit. L'homme recommence. Elle ne peut quasiment plus respirer, et tente de le repousser. Il lui demande d'attendre puisqu'il va jouir. Comme son salaire était lié à cet orgasme, la fille se laisse faire encore un peu. D'un coup, l'homme enfonce son sexe plus loin que jamais, ses bourses pendent dans le cou de la jeune fille. Tout le corps du type se raidit, et l'homme pousse un râle fatigué. Dans la gorge de la fille, une chaleur collante dégouline le long de son ½sophage. C'est fini.
Sans rien dire, le type se lève, se rhabille, et sort. Il a laissé de l'argent sur une chaise : 40 000 Aryari... Il ne se rend pas compte de ce que ça représente. Un repas. De miséreuse, mais un repas. L'adolescente se lève, et se dirige vers les toilettes. Toujours le même rituel. Elle s'enfonce deux doigts dans la gorge, et vomit le sperme difficilement. Comme elle ne mange quasiment pas, il n'y a que l'humeur stomacale qui puisse sortir en même temps, alors chaque régurgitation lui détruit un peu plus les dents et l'estomac, qui n'en peuvent plus chaque jour que Dieu a l'obligeance de lui offrir, de vomir sperme et bile en quantité. Rhabillée, elle descend de sa chambre. 40 000 Aryari, ce n'est pas si mal pour un soir. Elle aurait pu tomber sur un type qui n'aurait voulu qu'une simple fellation facturée 20 000 Aryari de moins.
Chemin de retour, identique. De la boue derrière les barrières de métal. La porte, le lit. Déjà oublié, le type de tout-à-l'heure. Comment il s'appelait, déjà ? Merde, plus aucun souvenir... Mais aucune importance ! Demain, elle tentera d'aller à un autre bar, puisque des policiers pourraient l'attraper et la condamner si son lieu devenait récurrent. Avec les 40 000 Aryari, demain, elle achèterait une miche de pain et les ordures du boucher.
Elle prit l'argent dans ses mains, et le serrant contre sa poitrine, elle s'endormit en position f½tale. C'était une bonne soirée.